"Thomas More, pédagogue de l’homme intégral"   


P. Bernard Minvielle

Communication donnée au Colloque organisé par l’ICES à La Roche sur Yon,
 sur Thomas More, 2005.

Les humanistes du XVIième siècle se sont tous intéressés à l’éducation. Convaincus de la bonté naturelle de l’homme, et de sa perfectibilité, ils se sont penchés sur les plus jeunes, avec le désir d’épanouir au mieux leurs potentialités. A l’égard des adultes, leur projet demeure éminemment pédagogique, puisqu’il ambitionne de les mettre à l’école de la sagesse antique, et de la Parole divine. Telle est l’intention manifeste de Thomas More et sans doute faut-il lire l’Utopia, en lien étroit avec la traduction du Nouveau Testament par Erasme. Les deux ouvrages seraient ainsi au service d’une même maïeutique, destinée à enfanter une humanité revivifiée.

Ceci étant, More n’a rédigé aucun traité spécifique sur l’éducation, à l’inverse de son ami batave et des Rudolf Agricola, Guillaume Budé, Jean Sturm ou autre Juan Luis Vivès. Son chef d’œuvre lui-même n’aborde le sujet que succinctement. Alors pourquoi son nom revient-il si souvent dans les études consacrées à l’histoire de l’enseignement ?[1] S’il est considéré comme une figure remarquable, il ne le doit pas à tel ou tel de ses écrits, mais au modèle d’éducation domestique qu’il offrit à ses amis humanistes. Père de famille, More a éduqué les siens. Précisons : il a éduqué selon les principes de l’humanisme, et donc aussi aux belles-lettres, son épouse, son fils et ses trois filles. Que celles-ci aient profité de la même instruction que celui-là, voilà la nouveauté !

Une lettre d’Erasme à Budé permet de la bien mesurer : « Il n'était pour ainsi dire personne sur terre qui ne tînt pour un axiome que, pour le sexe féminin, la littérature était inutile aussi bien à la chasteté qu'à la bonne réputation. Et moi-même, autrefois, je n'étais guère opposé à cette manière de voir ; mais vraiment More me l'a entièrement chassée de l'esprit. […] Ce que tu as eu l'audace d'entreprendre auprès de tes fils seulement et de tes frères, More n'hésite pas, lui, à le faire aussi auprès de ses épouses et de ses filles, en dédaignant avec intrépidité le mécontentement créé par cet exemple extraordinaire. À ce titre, il te dépasse. »[2] L’éloge est appuyé et mérité. Mais suffit-il de prendre acte de cette largeur de vue de More, et de ses échos dans la République des Lettres ? Nous ne le pensons pas, car Thomas More intéresse aussi l’histoire de l’éducation et son exercice même, pour d’autres raisons. C’est ce que nous voudrions montrer en considérant tour à tour, le contenu de son éducation et ses principes.

Le premier point à relever est commun à tous les humanistes. Comme Gerson avant eux, comme les éducateurs jésuites après eux, ils ne séparent jamais la formation morale et religieuse, de l’acquisition des connaissances. Ils lui réservent même à la première, la prééminence. More ne pense pas autrement lorsqu’il communique ses consignes à William Gonell, le précepteur de ses enfants : « ...qu’ils mettent la vertu à la première place et la science à la seconde ; [...] que dans leurs études, ils estiment au plus haut tout ce qui peut leur enseigner le mieux la piété envers Dieu, la charité envers le prochain et, pour eux-mêmes, la modestie et l'humilité chrétienne. »[3] Celui qui à l’heure du martyre, se proclamera le fidèle serviteur du roi, et de son Dieu d’abord, imprime le même ordre au contenu éducatif. Erasme qui connaissait bien la maison de More, en sa qualité d’hôte, la désigne comme un « gymnase chrétien »[4]. Relevons aussi la priorité donnée à la lutte contre l’orgueil. « De cette peste, lit-on dans la lettre à Gonell, il faut tenir mes enfants le plus éloignés possible, et pour cela, […] vous devez vous-même, leur mère, tous leurs amis, leur répéter sur tous les tons, leur inculquer et graver sans cesse dans leur esprit que la vaine gloire est honteuse et méprisable... »[5]

On ignore comment le précepteur mit en œuvre ces directives, mais on sait que ses élèves reçurent en outre, l’appoint inappréciable de l’exemple paternel. En bon éducateur, conséquent avec lui-même, More offre un témoignage personnel pleinement accordé à ses leçons. Citons ce simple fait, illustration parmi d’autres, de sa propre hiérarchie des valeurs. More avait l’habitude d'entendre la messe chaque matin, et si fidèlement, ajoute Stapleton, « que fût-il appelé à cette heure, au palais, par Henri lui-même, il n'obéissait à l'ordre royal qu'après avoir reçu la bénédiction du célébrant, répondant à ceux qui le pressaient de se hâter "que quels que fussent le respect et l'obéissance qu'il professait pour l'autorité du roi d'Angleterre, il lui fallait servir avant tout un maître plus auguste et plus grand". »[6]

De l’avis de More, l’éducation a donc un contenu bien hiérarchisé, mais elle ne doit négliger aucune valeur. Ainsi, fait-elle la part belle aux lettres. Les enfants de More connaissent les grands auteurs de l’antiquité profane et chrétienne, et ils maîtrisent l’usage du latin, sinon même du grec, les deux langues chères aux humanistes. On trouve pourtant dans l’Utopia, une note assez remarquable. Des étudiants de l’île, nous apprenons qu’ils « reçoivent tout leur enseignement dans leur langue »[7]. Est-ce à dire que More préconisait l’idiome national pour l’instruction de base ? A une époque où même l’apprentissage de la lecture se faisait à partir du latin, une telle position serait très novatrice et devancerait d’un siècle et demi, les innovations pédagogiques d’un Jean-Baptiste de La Salle[8]. A défaut de conclure, prenons acte de cette valorisation des langues nationales par More et de la perspective d’y recourir, dans un enseignement offert à tous, comme sur l’île bienheureuse.

Il est un point en tout cas, qui ne suscite aucun doute : l’encouragement constant que notre humaniste prodigue aux siens, à élargir leur intérêt aux domaines les plus divers. Il invite sa fille Margaret à étudier la médecine et l’Écriture Sainte, citant à l'appui les mots de Juvénal : mens sana in corpore sano[9]. Il montre en exemple ses Utopiens qui associent l’étude de la philosophie et celle des sciences naturelles ; qui déploient une réelle créativité technologique et qui « rangent les connaissances médicales parmi les plus belles et les plus utiles »[10]. Thomas More se dissocierait ainsi, du « mépris jeté par les humanistes sur les activités "viles et mécaniques" », pour reprendre le jugement de Marc Vénard[11]. Il serait même à compter parmi les premiers promoteurs du sport, à travers le modèle d’Utopiens, « cultivant volontiers, la vigueur et la souplesse du corps »[12].

Il a été question des sciences de la nature. Comment s’y initier ? More est homme de son temps et il est humaniste. On ne s’étonnera donc pas de le voir consulter les grands auteurs classiques, qu’il s’agisse d’Aristote pour sa physique, de Théophraste pour son traité des plantes, d’Hippocrate ou de Gallien pour la médecine[13]. Ce sont là des autorités dont siècle après siècle, on recevait religieusement les conclusions, et le projet humaniste ne comportait à cet égard aucune rupture. L’approche demeurait déductive, on s’employait seulement à un contact rendu plus sûr, avec ces sources vénérables. Il n’en est que plus intéressant de constater la place que More accorde aussi à la démarche inductive à travers l’observation de la nature. « L’Artisan de l’univers […] a exposé la machine du monde aux yeux de l’homme – seul être qu’il ait rendu capable de comprendre une telle merveille. »[14] Affirmation remarquable de modernité et de confiance, dans les capacités de l’intelligence humaine, à explorer les secrets de la nature. More du reste, a installé une petite ménagerie chez lui, afin « d'observer l'anatomie, les instincts et le caractère des divers animaux »[15]. Sans doute apparaît ici le tempérament britannique, sa prédilection pour l’étude du concret et sa prédisposition à l’empirisme, déjà bien illustré par Roger Bacon[16].

Quels sont maintenant les principes de l’éducateur More ? D’abord, que l’éducation est une responsabilité qui oblige gravement les parents. En marge de son psautier de prison, face au verset du psaume 105 (v. 37) : « nos pères ont immolé aux démons leurs fils et leurs filles », More a écrit : « ainsi font, ceux qui les élèvent mal »[17]. Lui-même considère sa présence aux siens comme le premier de ses devoirs. Alors qu’il est de plus en plus accaparé par le service royal, il assure à sa fille Meg : « plutôt que de souffrir que mes enfants se livrent à l'oisiveté et à la paresse, je sacrifierais volontiers toute richesse et j'abandonnerais toute occupation et affaire pour m'occuper de vous, ma famille et mes enfants »[18].

L’éducation requiert un climat d’amour. Thomas More sut le créer et l’entretenir, ainsi qu’en attestent quantité de notes. « C'est avec des plumes de paon, écrit-il à ses enfants, que je vous corrige par crainte de vous blesser »[19]. Au témoignage d'Erasme, « ce n'est ni par la sévérité ni par les reproches que ce grand homme sauvegarde l'ordre familial, mais par sa douceur et sa bienveillance »[20]. Pater-familias à la tête d’une vaste maisonnée, il est le gardien de l'affection familiale et son exemple communicatif. Il la prodigue largement et il l’exprime ; ainsi dans une missive à ses enfants: « Quelque imparfaites qu'elles soient, vos lettres me causent toujours un contentement inexprimable ; d'ailleurs, l'affection que je vous porte me rend précieux tout ce que vous m'écrivez »[21]. Il se réjouit aussi de voir les différents précepteurs employés, la témoigner aux siens[22].

Si More use davantage des « cajoleries taquines » que des « ordres sévères »[23], il fait preuve d'exigences. Ainsi attend-il de ses enfants qu'ils lui écrivent de véritables devoirs de style, dont lui-même corrigera le latin[24], et Érasme conclut sa description du « gymnase chrétien » par ce constat : « Chacun est à son devoir, avec ardeur, mais non sans une saine gaieté. »[25] Et qu’on ne s’imagine pas que l’affection mutuelle efface le respect dû aux parents ! Pour More, il s’agit « ne pas corrompre (les enfants) par trop de familiarité »[26]. Une nouvelle fois, il joint le geste à la parole, continuant de s’agenouiller devant son père, pour en recevoir la bénédiction ; après même son élévation à la chancellerie suprême. A son tour, il félicite son fils John de « badiner avec grâce et finesse » ; sans « jamais oublier qu'il parle à un père »[27]. Autre trait de l’éducateur : la magnanimité. Nous connaissons sa hantise de l’orgueil et son éloge de l'humilité, elles n’entraînent aucune complaisance envers la médiocrité. William Gonell est ainsi loué de « ne pas couper les ailes à l'esprit noble et élevé » de Meg, car ce serait « abaisser la générosité d'un caractère que de l'habituer à ne regarder que ce qui est vain et bas »[28].

Outre cette atmosphère, More a créé un cadre, celui d'une Utopie familiale[29]. Cartes et dés sont interdits. Serviteurs et servantes ont leurs bâtiments respectifs et le maître de maison y proscrit le désœuvrement. Les repas commencent par une lecture de l'Écriture et la prière du soir rassemble une dernière fois toute la famille. Ce cadre néanmoins n'est qu’un moyen subordonné à la pleine maturité des personnalités. More veut former des consciences suffisamment sûres et fortes pour discerner et accomplir le bien, par elles-mêmes ; alors le cadre pourra s'effacer, tel un tuteur désormais inutile. C’est le sens des paroles conservées par son gendre, William Roper : « Mes enfants, ce n'est pas à présent grande prouesse pour vous que d'aller au ciel, car chacun vous donne le bon exemple... si bien que vous êtes portés au ciel comme si l'on vous tirait par le menton. Mais si vous venez à vivre dans un temps où nul ne vous donnera le bon exemple, où vous verrez la vertu punie et le vice récompensé, et si vous demeurez alors fermement et résolument attachés à Dieu au péril de votre vie, alors, quand bien même vous ne seriez bons qu'à demi, Dieu vous tiendra pour entièrement bons. »[30]

Comparons ces lignes avec la règle donnée par Gargantua à l’abbaye de Thélème : « Fais ce que voudras, parce que gens libères, bien nés, bien instruits, conversants en compagnies honnêtes, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse à faits vertueux et retire de vice, lequel ils nommaient honneur »[31]. Le parallèle entre les deux textes manifeste au mieux, les traits spécifiques de More au sein du courant humaniste. De part et d’autre, on découvre la même attente des bienfaits d’une bonne instruction, mais elle se fonde chez Rabelais, sur un optimisme invincible et pour tout dire, bien naïf, en la nature humaine. N’offre-t-elle aux gens « bien nés », cet « instinct et aiguillon qui toujours les pousse à faits vertueux et retire de vice ». On a relevé combien une telle conception, commune aux humanistes, contredisait la doctrine classique du péché originel[32]. Le ton est tout autre chez More. Il n’ignore pas qu’il peut advenir des temps « où la vertu [serait] punie et le vice récompensé ». C’est au prix d’un rude combat et au péril de sa vie que l’homme restera alors « fermement et résolument attaché à Dieu ».

Il n’est que de lire l’analyse si critique que l’auteur de l’Utopia fait de la société de son temps, pour se convaincre que le mal et ses racines en l’homme sont des réalités qu’il ne minimise nullement. On a vu sa crainte de « l'orgueil, ce seul et unique monstre, chef et père de tous les fléaux, […] lui qui ne mesure pas sa prospérité à son propre bien-être mais à la misère des autres, [...] lui le serpent infernal qui, se glissant dans le cœur des hommes [...] à la façon du rémora, les retient et les retarde »[33]. N’est-ce pas pour s’en prémunir qu’il rédige une méditation sur les fins dernières, The Four Last Things, alors qu’il accède à ses premières grandes fonctions publiques[34] ? Pour autant, More ne se fixe pas sur le seul caractère dramatique de la condition humaine, il témoigne aussi du salut opéré par le Christ et du pouvoir de la grâce divine, pour soutenir, purifier, guérir et surélever l’homme.

Sa controverse avec les luthériens montre à quelle point sa position s’équilibre entre le semi-pélagianisme fréquent des humanistes et une justification qui laisserait l’homme à sa corruption foncière et qui rendrait vaine sa collaboration. « L’Église, explique-t-il dans la Responsio ad Pomeranum, tient contre les pélagiens qu'une grâce particulière est nécessaire pour tout acte bon. Tout autant et même plus, s'oppose-t-elle à vous lorsque […] vous semblez exalter la grâce divine pour mieux détruire le libre arbitre de la volonté humaine. Vous ne dites rien de la liberté de l'homme sinon qu'elle est simplement passive et modelée par Dieu, comme la cire par la main d'un artiste [...] Mais un tel enseignement ne revient-il pas à dénier à l'homme tout pouvoir d'exercer la vertu ou de tendre vers elle ? […] D'après vous, c'est la volonté de Dieu et rien d'autre, qui façonne un homme en vue du bien tandis que son voisin reste un démon. […] Vous insinuez ainsi que Dieu, dans sa nature très miséricordieuse, punit des péchés qu'il a lui-même commis. »[35]

Des conceptions que More a de l’éducation, notre propos s’est élargi à sa vision de l’homme et du rapport entre nature et grâce. Pourtant, nous ne quittons pas notre sujet. De fait, si More justifie pleinement l’investissement éducatif et l’effort patient de l’homme pour se construire, il signale la présence et l’engagement de Dieu à ses côtés. Partenaire bienveillant de la croissance humaine, c’est à son action bienfaisante que More accorde la primauté, ainsi qu’il le confie à sa fille aînée : « Il ne me déplaît aucunement, Margaret, que ta fragilité t'inspire des craintes. Dieu nous a donné à tous deux la grâce et de nous défier de nous-mêmes et de nous en remettre entièrement, en toute dépendance, à l'espérance et à sa force. » Se souvenant de la prière de l’apôtre Paul dans la détresse et de la réponse qui lui fit suite - "Ma grâce te suffit !" - More commente : « [Dieu lui donnait] l'assurance que, si faible, si chancelant et si prêt à tomber qu'il pût être, néanmoins la grâce de Dieu suffisait à l'affermir et à le maintenir debout. »[36]

Au terme de ce parcours, Thomas More apparaît très actuel. Pourtant ce n’est sur aucun des points qui en font un grand novateur du XVIème siècle. Qu’il s’agisse de l’accès des femmes à l’éducation, d’une juste estime des langues nationales comme véhicules de culture, de l’ouverture à la démarche inductive et à des branches nouvelles du savoir, ce sont aujourd’hui des évidences et des acquis ; et More n’a là-dessus rien de plus à nous apprendre. De manière paradoxale, ce sont les aspects de sa pédagogie, tenus pour les plus banals à son époque, qui offrent le plus de pertinence à la nôtre. Entendons-le nous redire que l’éducation ne se réduit pas à la transmission d’un savoir, mais qu’elle vise à édifier une personnalité accomplie, cet homme amené parfois à voir « la vertu punie et le vice récompensé », mais « fermement et résolument attaché à son Dieu ». L’éducateur More nous laisse son souci primordial de la valeur morale du sujet, et sa conviction qu’on ne devient pleinement homme qu’en s’ouvrant à la communion divine. Recevons-les en partage, d’un maître en humanité et d’un ami.

 

Bernard Minvielle, 2005


 

[1] Cf. François Lebrun, Marc Vénard, Jean Quéniart, Histoire de l’enseignement et de l’éducation, t. 2, Paris, Perrin, coll. Tempus, 2003, p. 378 ; Martine Sonnet, « Une fille à éduquer », in Histoire des femmes en Occident, t. 3, Paris, Plon, 1991, p. 120.

[2] Lettre à G. Budé de septembre (?) 1521, in Correspondance d’Erasme, trad. sous la dir. d’Aloïs Gerlo, t. 4, Bruxelles, Presses Académiques Européennes, 1974, p. 676, 678. En 1523, soit deux ans après cette lettre, Juan Luis Vivès publiait De l’institution de la femme chrétienne. Il ne craint pas d’y contredire de vieux préjugés, déclarant ainsi que « la plupart des vices des femmes de ce siècle et des siècles précédents proviennent de l’inculture » (cité par Martine Sonnet, loc. cit., p. 113), et prend nettement position pour l’instruction féminine. Il est cependant en retrait par rapport à Thomas More, par son extrême circonspection à l’égard de l’accès des femmes au latin.

[3] Lettre à W. Gonell du 22 mai 1518, Selected Letters, éd. Elizabeth Frances Rogers, New Haven and London, 1961, p. 105 ; trad. Jean-Claude Margolin, « Thomas More et l'éducation des filles », Revue philosophique de la France et de l'étranger, (1956), p. 545. On trouve aussi dans la même lettre : « si la science, jointe à la vertu, a plus de valeur à mes yeux que tous les trésors des rois, la culture, quand elle est séparée de l’innocence des mœurs, ne nous procure rien d’autre qu’une renommée de mauvaise aloi » (ibid., p. 544).

[4] Lettre à J. Faber, in Correspondance d’Erasme, trad. sous la dir. d’Aloïs Gerlo, t. 10, Bruxelles, Presses Académiques Européennes, 1974, p. 182.

[5] Loc. cit., p. 106, traduction, p. 546.

[6] Thomas Stapleton, Histoire de Thomas More (1588), trad. Alexandre Martin, Liège, Lardinois, 1849, p. 74.

[7] Utopia, p. 101. On renvoie ici à la pagination de l’édition bâloise de l’Utopia, de novembre 1518, éditée et traduite par André Prévost, Paris, Mame, 1978.

[8] C’est à la fin du dix-septième siècle seulement que le fondateur des Frères des Ecoles chrétiennes lancera l’apprentissage de la lecture et de l’écrit en français. Cf. François Lebrun, Marc Vénard, Jean Quéniart, op. cit., p. 444.

[9] Lettre à Margaret de 1521 (?), Selected Letters, op. cit., p. 148-149.

[10] Utopia, op. cit., p. 117.

[11] François Lebrun, Marc Vénard, Jean Quéniart, op. cit., p. 179.

[12] Utopia, op. cit., p. 113.

[13] Cf. ibid, p. 116-117.

[14] Ibid, p. 116.

[15] Lettre à U. von Hutten de juillet 1519, trad. Germain Marc’hadour en introduction à la Lettre à Dorp et à La supplication des âmes, Namur, Éditions du Soleil levant, 1962, p. 23.

[16] Cf. Francis Rapp, L’Église et la vie religieuse en Occident à la fin du Moyen Age, Paris, PUF, Nouvelle Clio, 1994, p. 109.

[17] Cf. Cf. Germain Marc'hadour, Thomas More et la Bible, Paris, Vrin, 1969, p. 377.

[18] Lettre à Margaret de 1518, Selected Letters, op. cit., p. 109. Cf. William Roper, La Vie de Sir Thomas More (1555), trad. Pierre Leyris (en introduction des Écrits de Prison), Paris, Seuil, 1981, p. 32-33, 21 : dans ce dernier passage, son gendre rapporte que le couple royal avait pris un tel goût de la compagnie enjouée de More « qu'il ne pouvait de tout le mois, avoir licence de s'en aller chez lui auprès de sa femme et de ses enfants, dont il désirait par-dessus tout la compagnie », aussi « se prit-il à déguiser sa nature et à se départir de son enjouement après quoi on le fit venir moins constamment ».

[19] Cf. The Complete Works of St Thomas More, vol. 3, New Haven and London, Yale University Press, 1991, p. 280, épigramme n°264, cité par Germain Marc'hadour, Thomas More ou La sage folie, Paris, Seghers, 1971, p. 64-65.

[20] Lettre à J. Faber, in Correspondance d’Erasme, op. cit., t. 10, p. 182.

[21] Lettre à ses enfants du 3 septembre 1522, Selected Letters, op. cit., p. 150, trad. par Germain Marc'hadour, Thomas More ou La sage folie, op. cit., p. 153.

[22] Cf. lettres à W. Gonell et à Margaret, Selected Letters, op. cit., p. 103, 148.

[23] Lettre à U. von Hutten de juillet 1519, op. cit., p. 26.

[24] Cf. lettre à ses enfants du 3 septembre 1522 (?), Selected Letters, op. cit., p. 150-151.

[25] Lettre à J. Faber, in Correspondance d’Erasme, op. cit., t. 10, p. 182.

[26] Lettre préface à Pierre Giles, Utopia, op. cit., p. 19.

[27] Lettre à ses enfants du 3 septembre 1522, Selected Letters, op. cit., p. 150, trad. par Germain Marc'hadour, La sage folie, op. cit., p. 153.

[28] Lettre à W. Gonell du 22 mai 1518 (?), Selected Letters, op. cit., p. 104, trad. par Jean-Claude Margolin, loc. cit., p. 544.

[29] Cf. Thomas Stapleton, op. cit., p. 214-216.

[30] William Roper, op. cit., p. 31.

[31] Cité par Marc Vénard, in Le monde et son histoire, La fin du Moyen Age et les débuts du monde moderne, Paris, Robert Laffont, 1971, p. 406.

[32] Cf. Bartolomé Bennassar, Jean Jacquart, Le 16° siècle, Paris, Armand Colin, Coll. U, 2002, p. 70.

[33] L’Utopia, op. cit., p. 160.

[34] Plusieurs spécialistes de More ont attiré l’attention sur ce lien chronologique : cf. Raymond W. Chambers, Thomas More, London, Cape, 1948, p. 199 ; Germain Marc'hadour, Thomas More et la Bible, op. cit., p. 185 ; André Prévost, Thomas More et la crise de la pensée européenne, Tours, Mame, 1969, p. 321.

[35] Responsio ad Pomeranum in The Complete Works of St Thomas More, op. cit., vol. 7, p. 46, 48.

[36] Lettre à Margaret de 1534, Selected Letters, op. cit., p. 241, trad. par Pierre Leyris, p. 131-132.

[